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lundi 21 décembre 2009

Passion antillaise

Hier, j'ai eu un(e) visiteur(se) de Haïti!
Je remercie cette personne d'être passée par ici, je me suis retrouvé plongée soudain dans l'univers magique de René Dépestre.
Je dois dire qu'ayant connu une longue période de passion antillaise, j'ai aussi dévoré les romans de Raphaël Confiant et Patrick Chamoiseau dans la fin des années 80. J'ai même lu un ou deux ouvrages en créole.
Ces lectures m'ont enrichie
Des concerts de gwo ka la nuit avec le feu de bois qui pétille sur une plage de sable blanc face au lagon, laissent des émotions fortes.


En cette soirée de Décembre grisouille, ça réchauffe jusqu'au plus profond de soi.
Une pensée particulière pour M qui m'a donné envie de découvrir ce monde ainsi qu'à J avec lesquels j'ai passé des heures inoubliables.
Un clin d'œil à F et L également qui eux m'ont fait aimer le versant hispanophone des Antilles.



Soley ki ka chofé es ou ké pé kléré tché a moun ki mové tché a moun ki pa jamé anmé adan vi a yo
(Excusez pour les fautes de syntaxe ... j'ai perdu quelques acquis)

dimanche 20 décembre 2009

Vraiment une histoire de mauvais goût!!!


Aujourd'hui, nostalgique des tubes des années 70 de mon adolescence, me voilà parcourant le site deezer ... et je me dis ...tiens je me ferais bien un "aujourd'hui ... j'ai rencontré l'homme de ma vie" ou un "oxygène". donc je fais recherche sur Diane Dufresne (beh oui, j'étais fan de la diva divine) .... et voilà ce que je vois sur la page (horreur).
Regardez bien la publicité en bas !!!



Je serai Diane Dufresne, je porterais plainte!

JE SUIS CONTRE LA PUBLICITE A VISEE DIFFAMATOIRE ;-)

jeudi 10 décembre 2009

Je vais mieux, mais je hais les fins d'année.

J'ai travaillé lundi, mardi, aujourd'hui! 
Euh oui j'ai fait une pause mercredi pour dormir, parce qu'il faut que je me ménage pour ne pas replonger.
Et ce soir, je suis même ravie à l'idée d'aller travailler demain!
Serait-ce que je remonte la pente pour de bon???
Je l'espère, parce que la prochaine quinzaine va être difficile.

Depuis 6 ans elle est difficile.
Depuis le décès de l'ainé de mes neveux dont je me suis beaucoup occupée quand il était petit et avec lequel j'avais une relation très privilégiée, entre la tante et la grande sœur, la confidente en tout cas; je n'avais que 15 ans de plus que lui.
Même si la période de deuil est passée, j'ai encore les événements et les images très présents dans ma tête; l'appel de mon frère me prévenant que T était dans le coma suite à une rupture d'anévrisme, ma traversée folle de Paris, et mon neveu qui semblait encore si vivant grâce au respirateur. Un médecin qui dit qu'il est mort sans être vraiment mort, qu'ils doivent encore faire des examens. Et moi qui ne comprends pas (tous comme les parents) ce que suggère le discours du médecin ... c'est à dire le don d'organes; parce que, lorsque l'on est touché au plus profond de soi, on ne peut pas penser à ça!
Ca a été la semaine la plus difficile de ma vie.
Comment pourrais-je oublier ce 24 décembre 2003, au cimetière.
Aujourd'hui encore lorsque j'entends Gainsbourg ou Polnareff, les émotions remontent à la surface aussi fortes que ce jour-là. Comment peut-on se résoudre à accepter le départ d'un jeune homme de 30 ans qui avait encore plein de rêves à réaliser?
Parfois j'ai l'impression qu'il est tout près et que notre connivence est toujours la même. Et c'est un grand réconfort.  Parce qu'en chacune des personnes qui l'ont connu, aimé, il sera toujours présent, et que chacun de nous a été enrichi de ce qu'il était.

mercredi 9 décembre 2009

Petit tour dans yahoo chatroom En Français 2 et retrouvailles



Ca faisait bien 2 mois que je n'étais pas allée là! Avec le retour de l'hiver j'ai croisé pas mal de vieilles connaissances: cari,clari,hairy, vali et quelques autres. Une présence m'a manqué ... celle d'une lionne! J'ai regretté aussi l'absence de bohem et de old qui passent parfois ... mais on ne peut pas avoir tout en même temps même si Noël approche!
Et ça m'a fait plaisir d'avoir des news de ce petit monde!
Du coup j'ai parcouru ma liste d'amis de yahoo ... près de 300 noms ... et peut-être 10 % de personnes dont je me souviens vraiment. L'eau coule vite sous les ponts. En 9 ans le paysage a beaucoup changé!

samedi 5 décembre 2009

Ambiance jazz

Giboulées de Mars en Décembre! Et après je me demande pourquoi mon horloge interne ne trouve plus ses repères!

Alors après une sortie entre deux averses, j'ai préparé du thé et allumé des bougies. Et confortablement installée, les yeux mi-clos, j'ai dégusté les notes des cuivres de Trouble in mind à Tuttu.
Manque une cheminée et l'odeur d'un feu de bois.

Et j'ai refeuilleté ce très beau livre de Richard Bohringer, l'écorché de la vie, "C'est beau une ville la nuit". En espérant que j'allais pouvoir panser quelques plaies.
Ce soir je lui dirai sans doute quelques mots bleus ... les mots qu'on dit avec les yeux (... merci à Christophe et  à JM Jarre qui ne m'en voudront pas de les citer ici)

samedi 31 octobre 2009

Jeudi, Vendredi, Samedi ...

Jeudi, je suis allée à la mairie,  je me suis arrêtée au BHV sans rien acheter et j'ai bavardé avec mon alter ego du bout du monde. J'ai dormi dans l'après-midi et j'ai eu des nouvelles de 2 de mes Dom.

Vendredi, balade en remontant vers la gare de l'Est. Il y a longtemps que je n'avais pas emprunté le Boulevard de Strasbourg un jour de semaine au milieu de la journée. J'ai été surprises de trouver une multitude d'ongleries / pose de nattes ressemblant à des usines, avec des chinoises derrière les comptoirs, travaillant sans lever le nez de leur ouvrage. Ça ne donnait pas trop envie d'entrer. Je ne suis pas chochotte, mais me semble qu'un lieu accueillant est plus propice à ce genre d'activité.



Il y avait aussi des bandes de black donnant l'impression de faire le guet, sans doute pour pouvoir tranquillement dealer. Un mec d'origine africaine qui était posté à l'entrée d'un coiffeur m'a adressé la parole: Il voulait que je visite sa boutique située un peu plus loin, dans une petite rue. Comme je lui ai dit non, il a commencé à marcher à mes côtés. Direct, il m'a demandé mon numéro de téléphone parce qu'il me trouvait belle! On entend vraiment n'importe quoi!!! Les yeux encore bouffis de larmes, pas maquillée, en jean et chaussures de rando, je n'avais rien d'une Eva Langoria prête pour un rendez-vous galant!


je ressemblais plutôt à ça (sans les bâtons):



Heureusement, le passage Brady est resté tel que je le connais depuis 30 ans: restaurants indo-pakistanais, épiceries de produits exotiques et barbiers.


J'ai fait un détour pour passer devant le New Morning, où je suis allée très souvent écouter du jazz ou de la salsa.

J'y vais moins souvent car je ne supporte plus les 40 ° C  qu'il fait à l'intérieur au bout de 2 heures de concert.

Puis j'ai pris la rue Saint-Denis pour revenir à la maison;  connue non seulement pour ça:


mais aussi pour ça:


 A 13  heures, elle est grouillante de monde cette rue. Les fastfood sont bondés et des messieurs l'air très sérieux, avec leur attaché-case à la main, sortent des sex shops en espérant passer inaperçu.

J'ai voulu reprendre le tri abandonné quelques jours plutôt, et à nouveau une tristesse  infinie m'a envahie. Alors j'ai arrêté. Pas envie de 4 heures de larmes à nouveau. Un jour, je serai bien prête pour affronter ça!

Et aujourd'hui j'ai joué la bricolo! Tournevis à la main, jurons à la capitaine Haddock, j'ai réussi à poser des équerres pour consolider les pieds de mon canapé. Me reste à mettre du mastic sur les vitres des fenêtres, on verra ça un autre jour!

samedi 19 septembre 2009

Le jour où … j'ai rencontré un ministre



C'était au Bénin.
J'étais en mission à Cotonou, dans le cadre d'un travail coopératif, pour la mise en place d'une étude sur la morbidité et mortalité  maternelles et néonatales au Bénin.
J'avais 30 ans, un air timide, des cheveux bruns raides et longs jusqu'au coude et je pesais 45 kilos. Une dégaine d'adolescente encore.
J'accompagnais une femme médecin aux cheveux grisonnants, responsable du projet en France, qui avait l'âge d'être ma mère.
C'était une expérience professionnelle nouvelle pour moi et la découverte de l'Afrique.
Les images, les odeurs, les bruits sont encore présents dans ma tête, intacts.

Je revois Cotonou, des rues bordées d'avocatiers, des scooters circulant dans tous les sens, le marché aux tissus où les femmes font la loi, des dispensaires dépourvus de médicaments aux carrelages écaillés et à la robinetterie rouillée, le bungalow de l'hôtel fréquenté par d'énormes cafards, des cours d'hôpitaux où les familles des malades préparaient à manger.

Je me rappelle ce visage à la Fernandel qu'avait  un des professeurs de l'hôpital de Cotonou, prénommé Eusèbe.

Et je me souviens de R, médecin et chercheur béninois me criant dans le combiné du téléphone du hall de l'hôtel "alors il paraît que tu as la chiasse, j'espère que demain tu te sentiras mieux". Je n'osais plus traverser le hall de réception après! Je vous le dis le Lariam ça évite peut-être d'attraper le paludisme! mais j'ai cru repeindre la salle de bain du bungalow. Fichtre! ce que j'ai pu être malade: nausées, vomissements, coliques, diarrhées; tout ça à cause d'une éventuelle moustiquette porteuse de palu?

Je revois la longue plage de sable blanc avec ses barques de pêche où les ados jouaient au foot.

Je revois des femmes marchant sur le bord des routes, avec de lourds fagots de bois posés sur la tête.

Je sens encore le contact sur ma peau d'une tenue de médecin stérile (là j'ai des doutes encore).

Je revois un nouveau-né prématuré dans une couveuse qui ne ressemblait à rien de ce que j'avais déjà vu. A-t-il survécu?

Je revois des femmes jambes écartées, allongées sur des tables d'examen disposées à la queue-leu-leu sans rideau de séparation entre chaque box.

J'ai encore le goût de ces boules de pâtes fermentées dont je ne me rappelle plus le nom, mais qui me rendaient encore plus nauséeuse.

J'ai le souvenir d'accueils chaleureux dans les familles.

Je me rappelle les matelas plastifiés des lits d'hôpitaux juste recouverts des boubous colorés des patientes, qui servaient de draps.

Je revois ma surprise lors de la visite du bâtiment "recherche" où un PC (msdos 3) bénificiait de la seule pièce climatisée  à l'hygiène irréprochable.

J'ai encore l'odeur des épices chauffés par le soleil vendus sur le marché faisant frémir mes narines.

 Surtout j'ai encore cette image de la visite organisée dans un ministère.

Je ressens encore le trac, puis un fort malaise à la limite de la peur,  survenu lors du face à face avec Mr le Ministre de l'Enseignement Supérieur.

Dans ce genre de missions, il y a toujours des rencontres avec les autorités.Et il faut être très diplomate lors de son speech devant les représentants du pouvoir. Heureusement ce n'était pas moi qui devais le faire! Je serais peut-être bien restée muette tellement j'étais tétanisée!

Imaginez la scène:

- Un homme grand et imposant en tenue de général debout sur une estrade de 3 marches où trônait son bureau.
(merde je dois dire quoi ???? Mr le Ministre? , mon Général ... pi zut c'est peut-être un colonel ..., j'ai donc attendu que mon ainée habituée à ce genre de situation parle pour faire pareil).
 - Un homme qui portait tellement de décorations sur son uniforme que je me suis demandée comment il enfilait sa chemise!
- Un homme qui n'est pas descendu de son estrade pour nous accueillir et nous saluer.Du haut de mes 1m56, je me suis sentie très mal à l'aise lorsque j'ai dû serrer sa main; j'avais l'impression d'un géant au regard courroucé qui aurait pu faire des miettes de moi.
- Un homme qui a prononcé un discours dans lequel on a bien senti qu'il ne fallait pas qu'on la ramène trop (message reçu, personne ne jouera au "blanc" qui sait tout).

- Moi de plus en plus tremblante, parce que franchement il commençait à me filer les jetons!
- Moi assise sur la moitié d'une fesse dans un fauteuil en cuir noir qui aurait pu accueillir trois "moi" au moment du passage "au salon" .
- Moi articulant tant bien que mal quelques mots lorsqu'il a fallu répondre à deux ou trois questions posées par ce géant noir paraissant dépourvu d'humour.
- Moi ne voyant pas arriver la fin de cette entrevue et égrenant les secondes avant de pouvoir reprendre ma respiration.

Puis enfin l'heure du départ a sonné.
Soulagement.
Ce n'est qu'après plusieurs kilomètres que je me suis sentie libre. Légère. Rassurée.
Ce jour-là j'ai pris un apéro de plus!





dimanche 13 septembre 2009

Premiers pas- stade II

Je tenais à remercier Lionne qui m' a donné l'idée de devenir une "blogueuse" et m'a fait part de ses conseils. Grâce à elle j'ai parcouru quelques uns des blogs qu'elle aimait,  j'ai parfois laissé un commentaire. J'avance doucement.
Je me rends déjà compte qu'il faut que je m'organise mieux! Mais comme disait Mémé Loulou, on ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs.
Donc des maladresses, des erreurs j'en ferai beaucoup encore, mais l'essentiel est de participer. Je sais déjà que je modiefierai des libellés pour une meilleure cohérence; ce à quoi je n'avais pas pensé dans mes premiers blablablas.
Je pense aussi qu'à force de vous lire tous, je vais apprendre beaucoup sur moi!
Et puis toi Lionne! je me dis que j'ai eu la chance de te connaître il y a quelques années sur le net, mais que par le chat -comme tu le constates aussi- malgré un bon "feeling", nous ne nous sommes pas vraiment découvertes. Et pourtant nous avons passé de bons moments dans cette fichue gang ;-)
Au fait je n'ai pas lu le dernier Maxime Chattam! Je vais prévoir un détour par la FNAC!
Une bonne fin de week-end!

De la rive droite à la rive gauche: Pourquoi ce titre?

Dans un premier temps, je dirais que si j'ai choisi ce titre, c'est parce que tous les jours je traverse la Seine: depuis près de 30 ans, j'ai toujours habité rive droite et travaillé rive gauche.
Mais vous vous douterez bien que les raisons de ce choix cachent autre chose. Ceux qui connaissent Paris savent qu'historiquement il y a dualité entre les deux rives, comme entre le blanc et le noir, comme entre le yin et le yang, comme entre l'anion et le cation; des caractères opposés qui s'attirent et se repoussent. Comme en chacun d'entre nous, j'imagine.
Comme moi qui me sens parfois "ni tout à fait la même ni tout à une autre".
(je me permets de citer un grand poète nommé VERLAINE : Mon rêve familier -Poèmes saturniens/melancholia VI 1866).

Sans remonter très loin dans l'histoire de Paris, on en a la caricature suivante:
• Rive droite
- La butte Montmartre, ses peintres au XIXème siècle et ses chanteurs de rue avoisinant les quartiers réputés pour leurs maisons closes.
- Ses quartiers populaires : la Goutte d'Or, Ménilmontant, les Batignolles, etc
- Les Halles et sa soupe à l'oignon de 5h du matin.
- Son quartier des affaires entre Opéra et Bourse.
- Les Champs Elysées -paraît-il plus belle avenue du Monde- et les quartiers riches qui l'entourent.
Edith Piaf, Maurice Chevalier, Toulouse-Lautrec sont des "rive droite"


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/48/Get_lautrec_1894_salon_in_the_rue_des_moulins.jpg/300px-Get_lautrec_1894_salon_in_the_rue_des_moulins.jpg
• Rive gauche
- Montparnasse,  ses peintres (beaucoup plus intellectuels ceux-là) et ses beaux immeubles de l'époque Art déco.
- Saint-Germain-des-Prés et ses intellectuels qui ont rendus certains lieux mythiques, avec ses zazous de l'après-guerre (la seconde guerre mondiale) et ses caves où on jouait du jazz.
- Le quartier latin, ses Universités et ses Grandes Ecoles.
- La Butte aux Cailles qui a été  ongtemps un village puis  est devenue zone industrielle grâce à la rivère appelée La Bièvre (pas la peine de la chercher elle est enterrée depuis des lustres), et a désormais un charme très particulier.

http://expositions.bnf.fr/sartre/images/3/099.jpg
Répétition du Désir attrapé par la queue chez Picasso

16 juin 1944. Photographie, épreuve aux sels d'argent. 23 x 18 cm
BNF, Estampes et Photographie

Cette photographie a été prise le 16 juin 1944 dans l'atelier de Picasso, 7, rue des Grands-Augustins, à Paris, où, pour les remercier et les faire photographier par Brassaï, l'artiste avait invité tous les participants à la première lecture du Désir attrapé par la queue, la farce théâtrale qu'il avait écrite du 14 au 17 janvier 1941. Cette lecture avait eu lieu le 19 mars dans l'appartement de Zette et Michel Leiris avec la participation de l'intelligentsia parisienne. Debout, de gauche à droite : Jacques Lacan, Cécile Eluard, Pierre Reverdy, Louise Leiris (Les Deux Toutous), Zanie Aubier (La Tarte), Picasso, Valentine Hugo, Simone de Beauvoir (La Cousine). Assis : Sartre (Le Bout rond), Albert Camus (metteur en scène), Michel Leiris (Le Gros Pied), Jean Aubier (Les Rideaux) et Kazbek, le berger afghan de Picasso. Ne se trouvent pas sur cette photo : Dora Maar (L'Angoisse Maigre), Germaine Hugnet (L'Angoisse Grasse), Raymond Queneau (L'Oignon) et Jacques Bost (Le Silence). Né en 1899, Brassaï, le photographe d'origine hongroise, avait rencontré en 1932 Picasso, qui lui avait demandé de photographier ses sculptures en Normandie et dans l'atelier de la rue de La Boétie. Il devait lui demander un nouveau travail dans l'atelier de la rue des Grands-Augustins de 1943 à 1946. Brassaï a réalisé un grand nombre de photos de "Picasso à l'atelier", notamment en 1939, pour le magazine Life.


En restant schématique, on a une vison en général d'une rive droite "populeuse" et d'une rive gauche "intellectuelle de gauche". Ca reste encore vrai dans l'ensemble.
Les choses évoluent pourtant. 
La rive gauche reste intellectuelle de gauche, mais devient riche et on y trouve des "bobos". 
Les quartiers populaires, voire miséreux du Nord de Paris sont réhabilités. Envahis désormais par une classe qui n'existait pas auparavant les nouveaux intellectuels de gauche "devenus pauvres", en majorité des enseignants de la fonction publique par exemple.
Et oui! actuellement Paris se vide de ce qu'on appelle "les professions intermédiaires", qui n'ont plus les moyens de vivre dans Paris. Soit il y a des gens avec très peu de revenus dans des logements dits "sociaux", soit des personnes avec des revenus beaucoup plus important que ce que n'accorde la fonction publique, même à des personnes qui ont fait des études supérieures.
Donc je "ballotte" entre rive droite et rive gauche. 
Dans le début des années 80 je vivais dans le XVIII ème arrondissement, habitant un deux pièces dans un immeuble pourri envahi par les cafards: une porte d'immeuble inexistante, un escalier tout de guingois, des familles qui laissaient pleurer leurs enfants dans le noir du palier et en-dessous de chez moi un bistrot dont le juke-box passait jusqu'à des heures indues "Au Nord, y'avait les corons", "Gabrielle" et les premiers airs de raï.
Lorsque je retourne me balader dans mon ancien quartier, je vois que les immeubles ont été restaurés en majorité: les digicodes sont apparus même là-bas (jeu de mot que vous ne comprenez pas c'est sûr!!! Ma rue, c'était la rue Labat).  Le quartier a affirmé son côté cosmopolite, il est devenu plus Afrique Noire qu'Afrique du Nord, et une visite dans le coin me procure un certain dépaysement. Mais je ne retournerais pas vivre là. Trop de bruit, trop de monde, alors que je recherche la quiétude désormais.
J'ai eu la chance de pouvoir m'installer, toujours sur la rive droite,  dans le IV ème, à une époque où cet îlot se métamorphosait: Partout s'ouvraient des galeries d'art, on y trouvait des restos et des boîtes "branchées", à la mode. Mais j'y ai perdu en surface habitable! Le quartier est devenu un peu "bobo". 
Puis le Marais et ses environs sont devenus le lieu de prédilection des gays. Même l'ancienne rue des Rosiers, le fief de la communauté juive de Paris disparaît peu à peu: de nouvelles boutiques, de nouveaux restos, une autre ambiance. Et des prix qui montent en flèche.
J'aime ma rue, étroite, avec ses bâtiments du XVI ème et du  XVII ème siècles, elle a gardé son côté petit village malgré tout. 
Et j'aime le quartier de Port-Royal / Denfert où je travaille. C'est ma campagne! Le jardin du Luxembourg est à 5 minutes, les avenues sont larges et bordées d'arbres. Je me ressource rive gauche! 
Et je rêverais d'y habiter à cause de la notion d'espace qui a enfin un sens!
Mais ...restons les pieds sur terre! je ne gagnerai pas au loto (vu que je ne joue pas) et je ne trouverai pas un mec riche (vu que je ne cherche pas).
Mais j'y arriverai peut-être à mettre Paris en bouteille non???

mardi 4 août 2009

Ma seconde maison




Le 16 Août prochain, cela fera 31 ans que je travaille à l'INSERM.

Je suis arrivée là par hasard; je n'avais que très peu entendu parler de cet institut et encore moins de l'Unité dans laquelle j'allais travailler. J'avais 20 ans et des poussières, un Bac + 3 et tout à apprendre encore.

L'unité était à ce moment-là dirigée par une femme à poigne qui avait fait fuire les hommes de son service sauf deux: l'un était mon ex-futur-ex directeur, l'autre un biostatisticien un peu trop collant mais pas méchant pour deux sous.
Je découvrais le monde du travail, CRR et son équipe et des bâtiments préfabriquées dans le parc d'un château reconverti en hôpital accueillant les jeunes mamans en difficulté. Bureau avec vue! … sur un chêne planté par l'impératrice Eugénie selon la légende.
Et j'étais tellement timide que je rasais les murs pour qu'on ne prête pas trop attention à moi. Pourtant tout le monde m'a apprivoisée et je me suis fait de vrais amis.

Aujourd'hui on ne peut imaginer qu'il ait pu exister un tel endroit avec des gens aussi inattendus:
Melle M. avec ses chats et sa Diane bleue dont la batterie se vidait tous les 2 jours;
Mme X dont le chien ronflait dans son bureau;
Mmes D au nombre de 3 (la maman et ses deux filles);
la famille Y (la maman, le fils et la bru);
Mr Z qui m'a toujours appelée Mireille (à cause de Mireille Mathieu …) parce que j'étais brune et petite.
Un univers dans une autre dimension!
Et plein de bons souvenirs.
Il y a eu deux déménagements, des naissances, des mariages, des décès, des départs à la retraite et des petits nouveaux, des crises, des rires, des colères, comme dans une famille!