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jeudi 10 décembre 2009

Je vais mieux, mais je hais les fins d'année.

J'ai travaillé lundi, mardi, aujourd'hui! 
Euh oui j'ai fait une pause mercredi pour dormir, parce qu'il faut que je me ménage pour ne pas replonger.
Et ce soir, je suis même ravie à l'idée d'aller travailler demain!
Serait-ce que je remonte la pente pour de bon???
Je l'espère, parce que la prochaine quinzaine va être difficile.

Depuis 6 ans elle est difficile.
Depuis le décès de l'ainé de mes neveux dont je me suis beaucoup occupée quand il était petit et avec lequel j'avais une relation très privilégiée, entre la tante et la grande sœur, la confidente en tout cas; je n'avais que 15 ans de plus que lui.
Même si la période de deuil est passée, j'ai encore les événements et les images très présents dans ma tête; l'appel de mon frère me prévenant que T était dans le coma suite à une rupture d'anévrisme, ma traversée folle de Paris, et mon neveu qui semblait encore si vivant grâce au respirateur. Un médecin qui dit qu'il est mort sans être vraiment mort, qu'ils doivent encore faire des examens. Et moi qui ne comprends pas (tous comme les parents) ce que suggère le discours du médecin ... c'est à dire le don d'organes; parce que, lorsque l'on est touché au plus profond de soi, on ne peut pas penser à ça!
Ca a été la semaine la plus difficile de ma vie.
Comment pourrais-je oublier ce 24 décembre 2003, au cimetière.
Aujourd'hui encore lorsque j'entends Gainsbourg ou Polnareff, les émotions remontent à la surface aussi fortes que ce jour-là. Comment peut-on se résoudre à accepter le départ d'un jeune homme de 30 ans qui avait encore plein de rêves à réaliser?
Parfois j'ai l'impression qu'il est tout près et que notre connivence est toujours la même. Et c'est un grand réconfort.  Parce qu'en chacune des personnes qui l'ont connu, aimé, il sera toujours présent, et que chacun de nous a été enrichi de ce qu'il était.

samedi 29 août 2009

Mes amies quittent Paris

Depuis des années je "perds" mes amies. Elles ont le goût du voyage!
Je me souviens qu'en 1981,  j'ai pleuré à chaudes larmes sur le quai du RER, en disant adieu à C qui allait s'envoler pour la Guyane rejoindre son nouveau mari en compagnie de sa fille M âgée de 11ans. Il faisait son service militaire dans la coopération et était pour 3 ans prof à Kourou. Elle a mis son appartement à louer et elle a fait ses valises. Elle avait déjà quitté un pays pour la France une dizaine d'années auparavant. Elle allait à nouveau construire quelque chose ailleurs.
J'ai mis des jours à me remettre de ce vide qu'avait crée son départ. Il faudrait attendre 4 ans avant que, par le plus favorable des hasards, je parte à Cayenne travailler 3 semaines. Et je l'ai retrouvée dans un nouveau décor, avec un autre mec et 2 nouveaux enfants D et H. Deux bambins qui se suivaient à moins d'un an d'intervalle, dont la maman semblait un peu fatiguée. Il y avait les couches et l'adolescence de son ainée. Un sacré boulot. Plus la chasse aux poux d'agoutis (pouark). Et un compagnon qui m'a semblé un peu trop jaloux, un peu impressionnant et parfois énervant, très possessif à l'égard de sa fille D.
En 1986, Domtom quittait Paris pour la Haute Savoie; cette amoureuse de la montagne n'a pas résisté à l'appel des cimes quand l'opportunité d'un boulot dans un centre de vacances s'est présentée. Adieu Domtom, nos restos et cinés hebdomadaires, on se reverra à nos prochaines vacances! La tristesse était là, mais les Alpes moins loin que la Guyane.
Depuis 10 ans, il y a eu une inflation avec les départs à la retraite des baby-boumeurs. L partage sa vie entre Madagascar (son pays) et la région parisienne, Ch entre la Dordogne et les Yvelines et J s'est installée dans un coin perdu dans la verdure de la Creuse.
Et puis il y a D qui après une année passée à la recherche d'un travail correspondant à ses compétences et ses désirs part dans quelques jours pour la Lorraine. Finies les sorties dans les restos du quartier avec elle; heureusement avec le TGV, elle ne sera qu'à 1h30 de Paris. ... Week-ends en perspectives!
Quant à C, ma guyanaise-sicilienne, elle est revenue en métropole quelques années. H est née en Corrèze. J'y ai passé quelques bons moments! Et après de difficiles années, dans la nature mais sans revenus ou presque, elle a quitté son 3ème mari et a pris la décision de tout recommencer en Guyane. Elle vit à nouveau à Kourou. Si les moustiques ne m'aimaient pas autant et si je supportais mieux ce climat quasi équatorial, j'y serais déjà allé. Elle semble s'ennuyer un peu dans une vie un peu trop conventionnelle auprès d'un compagnon insuffisamment fantasque pour elle.
Il y a N, qui n'a jamais quitté Paris et pourtant c'est peut-être elle dont je suis la plus éloignée dorénavant. Pourquoi a-t-il fallu qu'elle épouse un mec aussi caractériel, charmant lorsqu'il veut séduire et abominablement violent parfois. Pourtant c'est une amie chère, qui ne s'est pas fâchée, lorsque je lui ai dit que je ne voulais pas être témoin à son mariage parce que je ne pouvais cautionner, non pas une union pour cause de future naissance ... mais un mariage dont le but était principalement que le "futur" puisse obtenir la double nationalité américaine + française.
Si je décidais de quitter la capitale où pourrais-je bien choisir de m'installer ?
J'ai toujours aimé Rome, j'aimerais y passer quelque temps,
j'ai aimé Montréal et j'aimerais y passer quelque temps,
mais finalement ... je suis une vraie parisienne et je crois que je m'ennuierai de mon pays.