Affichage des articles dont le libellé est boulot. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est boulot. Afficher tous les articles

mercredi 3 mars 2010

Une journée qui aurait pu ne pas exister

Il y a des jours où je patine plus que d'autres! 
Lorsque le réveil a sonné, mon sommeil a été interrompu dans une mauvaise phase! J'ai ronchonné un bon moment, puis le café aidant, je suis arrivée au boulot en retard, éveillée,  et à peu près de bonne humeur! 
Calme plat ... K avait ses oreillettes et écoutait sans doute du Wagner et C nouvelle recrue provisoire dont j'encadre le travail, était sage face à son écran (c'est son 3ème jour). Tous les autres bureaux étaient vides: certains sont en vacances et d'autres ne viennent jamais le mercredi, le jour des mamans qui s'occupent de leur (s) rejeton(s) quand il n'y a pas école. 
Le téléphone a sonné souvent ... en l'absence de secrétaire j'ai intercepté  quelques appels avant de laisser tomber! Ces interruptions m'empêchaient de me concentrer.
Avant midi sont arrivés PYA et Cé ... ce qui voulait dire qu'une réunion allait avoir lieu.
Donc en début d'après-midi,  j'ai bien dû indiquer à une douzaine de personnes le chemin pour aller à la salle de réunion. Et je me suis fait engueuler par des patients, parce que la consultation du Pr B était encore fermée. Pour un peu j'étais prête à m'enfermer à triple tour et à poser des doubles rideaux à ma porte ... vitrée.
Voilà c'était fichu! Plus moyen de trouver l'efficacité pour résoudre des problèmes de tris et de boucles qui ne marchent pas. 
Manquait plus qu'un master m'envoie un email pour me demander un renseignement que personne ne pouvait lui donner. J'étais la cinquième personne contactée ... et incapable de trouver une réponse à propos de quelque chose que j'aurais peut-être fait il y a plus de 10 ans.
Conclusion: je suis moins avancée qu'hier dans mon boulot  parce qu'à force d'être dérangée, j'ai fait un mauvais clic ... irrécupérable!
Là je suis franchement en rogne!
Je suis partie tard, énervée et découragée.
Dans le bus que j'ai attendu un bon 10 minutes sous un vent glacial, je me suis occupée comme d'habitude à regarder autour de moi: Je suis souvent debout et le trajet dure trop peu pour que j'aie envie de lire. Donc j'observe. Les autres. Il y a toujours un détail qui fait sourire, une altercation qui tourne au drame, quelques adeptes du téléphone qui disent tous .."je suis dans le bus, je t'entends mal" ou bien "achète le pain en rentrant", des sourds (ou qui le deviendront) qui écoutent à fond leur zic.
Et bien ce soir ... rien de tel! Etait-ce mon humeur un peu maussade ??? mais j'ai trouvé les autres tous laids!
Avant de rentrer à la maison, arrêt à la pharmacie. Il y a des nouvelles têtes derrière le comptoir, les employés habituels sont en vacances aussi semble-t-il. Entre les médicaments qui manquaient, les génériques qui n'étaient pas les génériques habituels, l'employée qui mélangeait les ordonnances et qui ne commandait pas les comprimés dans le bon dosage, je suis restée un bon quinze minutes pour une affaire qui n'aurait pas dû en prendre plus de 5. A force de discutailler, elle oubliait de me rendre ma carte vitale, que j'ai dû réclamer.

Alors là ... je suis prête à imploser. Inutile de me téléphoner, je ne vais pas décrocher! J'ai le choix entre 15 minutes de boxe avec un oreiller, un demi comprimé de Xanax, ou une heure de marche à fond la caisse, voire pousser le cri qui tue. Ou bien transformer la mob' du voisin en Harley et aller jusqu'à Deauville!
 
http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:Ng1BBqmT1ZoKAM:http://www.motomag.com/local/cache-vignettes/L300xH195/arton6044-79418.jpg

Mais il faut que je me calme!

Vivement demain!

mercredi 13 janvier 2010

The world today is a mess!

 What you do, what you say. Has a lot to do in how you live today. What you want, and what you make, ( ... et ce tube date des années 70)




Au boulot:
Le nouveau lot d'étudiants en M2 commence à débarquer pour 6 mois. J'en connais déjà deux.
Le premier est un futur obstétricien qui a la même voix que Richard Anconina. Oué, je sais il y a longtemps qu'il n'a pas tourné ... mais sa voix est très caractéristique et tout en douceur. La deuxième est une jeune maman (et gynécologue): elle reprend tout juste une activité, le bébé n'a pas encore 3 mois. Et ce n'est pas la plus chanceuse parce que son responsable de stage passe à peine une fois par semaine ... le reste du temps il opère des endométrioses dans un CHU de la banlieue.
Enfin comme nous sommes tous très sympas, elle viendra me demander une aide technique sans souci, et comme M1 de l'an dernier a décidé de faire une thèse de doctorat, il est toujours dans l'Unité et lui sera aussi d'une aide précieuse même si leurs sujets d'études sont totalement différents.
Ca fait du bien de voir se remplir un peu les locaux de nouvelles têtes, surtout que les "vieux statiques" comme moi (ceux qui sont fixes, même les jeunes) ont le moral un peu en vrille ces temps-ci pour différentes raisons.
D a des soucis avec ses parents qui bientôt ne pourront plus rester chez eux, malgré des aides à domicile pratiquement 24h/24; et sa belle-mère est en service de réa après un infarctus: pronostic peu encourageant.
S commence a en avoir assez des difficultés qu'elle rencontre avec nos services administratifs: plus l'informatique prend de place dans la gestion et la comptabilité, moins les choses vont vite! Et je ne parle pas des jours où les programmes "beuguent": l'institut a payé une fortune une boîte qui a innové en faisant un logiciel sur mesure ... via Oracle ... qui n'a pas fait de miracles et depuis c'est la débâcle.
A n'arrive pas à avoir son permis de séjour et Bichon lui a interdit de venir travailler, parce qu'on ne pourra jamais le dédommager des heures qu'il a déjà faites.

Dans la neige:
Comme chaque année le pays se retrouve sans dessus dessous à cause de l'hiver: depuis le temps ... on devrait pourtant savoir s'y adapter!
Dès 1 cm, plus aucun gros camion n'arrive à circuler,
des élevages de poulets qui ne sont plus livrés dont les poulets vont mourir de faim,
des avions qui ne décollent plus,
des trains bloqués,
des chauffages qui s'emballent,
des toits qui s'effondrent
des vaches dont on jette le lait parce qu'impossible d'aller à la coop
... et des poissons d'eau douce qui doivent s'adapter à l'eau salée ou mourir, parce que ... c'est bien beau de vouloir faire fondre la neige avec du sel .... mais le sel ne fait pas que bouffer nos chaussures, il tue nos truites et nos brochets!

Au jour le jour:
Ras-le-bol d'entendre parler burka, identité nationale, réforme de la télé publique parce que c'est vraiment se voiler la face et accepter qu'une puce cache un éléphant!
La réalité c'est que le travail est tellement mal reconnu que même si tu bosses, tu n'arrives pas à te loger, à t'instruire et à manger.
Toutes les associations sont débordées.
Et pas un politique pour agir.

VOILA c'était la rubrique "le quart d'heure d'humeur" de la rebelle qui sommeille en moi

mardi 29 décembre 2009

Huit jours de silence radio

Normal!
1) La gastro post vaccin m'a mise KO.
2) Je n'ai pas trinqué au champ' le 21 car encore nauséeuse.
3) Entre le 21 et le 24, j'ai flippé un max parce que je n'avais pas une invitation pour un mariage, comme l'an dernier ou un séjour à Djerba, comme il y a 2 ans, durant cette période, et que j'ai beaucoup trop repensé à mon neveu (j'ai même mis sa photo tout sourire sur FB).
4) Le 25 on était tous tristes.
5) Il y a beaucoup de copains parisiens partis en province dans leur famille
6) Une envie de rester blottie en boule en attendant un rayon de soleil.

Donc je n'avais pas la niaque pour partager ces moments-là.

Hier, j'ai un peu renâclé pour partir bosser, mais la journée a été agréable: il y avait du monde pour une semaine "entre fêtes".
J était de passage en France pour la période des vacances et elle bossait avant de repartir sur NY. Elle ne fait que passer depuis des années, son mari ayant été nommé à Varsovie pour 4 ans puis à New York pour une autre période de 4 ans.
G qui fait une année à Oxford, était là aussi.
Et il bouillait de colère (mais il m'a bien fait rire).
Entre les difficultés cumulées pour refaire des cartes d'identité: il vit depuis près de 30 ans en France mais est né à Beyrouth et il a dû fouiller dans les papiers de son père pour retrouver les certificats de naturalisation, son passeport français ou sa précédente carte d'identité ne suffisant pas. Déjà bien énervé, il a brûlé un feu ... à bicyclette ... et un flic était là! PV de 135 euros! Quand il est arrivé il ressemblait à un taureau prêt à embrocher le  picador! La fumée sortait des naseaux!



Il y avait aussi M2 qu'on ne voit plus puisqu'il a repris son cursus "normal" de médecin. Et il avait la mine boudeuse, dispute de couple oblige.

Bref le bocal était vivant! Et ça, ça fait vraiment beaucoup de bien!


jeudi 3 décembre 2009

Coucou, me revoilà, toujours rebelle

Plus de deux semaines de silence,
par manque d'imagination,
parce que ...  entre les larmes et les rires,
parce que reprise du travail et re-arrêt de travail,
parce que c'est la pagaille dans ma tête,
parce que je peux passer de la  plaisanterie à un état de contrariété démesuré, de la joie à une tristesse infinie,
et que, malgré les différents traitements essayés, je surnage à peine.

J'ai eu un déjeuner avec Bichon le boss mercredi dernier, moment fort sympathique, mais qui n'a pas résolu les difficultés que je rencontre parce que le monde change, que les réformes en cours peuvent me faire craindre le pire.

J'ai réussi sans difficultés  à passer de la carte perforée à MS-dos, puis de MS-dos à Mac, de Fortran à Basic et de Pastis à SAS puis à STATA. J'ai réussi, grâce à ma persévérance, à monter quelques échelons et réussir des concours.

Mais là, il y a un truc que je n'accepte pas, c'est qu'à force de ne pas remplacer les départs à la retraite et de privilégier les contrats à durée déterminée, j'ai l'impression de faire le bouche-trou entretemps et d'être "dépossédée" des parties de mon travail que je préférais. Moi j'appelle ça un transfert des compétences désastreux.

De voir qu'un Institut qui faisait souvent une recherche de meilleure qualité que les universités, va devenir un centre de gestion, de valorisation, de bases de données, soit disant pour plus de clarté par rapport aux autres pays (parce qu'a priori, les experts étrangers ont du mal à comprendre le système français) me désole;  désormais ce seront les universités qui vont faire cocorico.

Malgré de nombreuses lectures, je n'ai pas encore compris quel système allait être mis en place, la seule chose qui m'a semblé évidente, c'est que l'état allait prendre des directives et que la liberté individuelle du chercheur était menacée.

Alors voilà, je me sens comme un corps étranger dans une entité que je ne connais pas.

La mondialisation me fout les jetons et je hais cette évolution qui fait primer le gain aux dépens du bien-être de l'humain.

... Vive l'utopie!
Et non je ne veux pas manger des OGM qui font la richesse d'une entreprise.

A lire:
plaidoyer pour une interdiction- Le Monde diplomatique-2003


mardi 17 novembre 2009

Bilan à J15 pour une dinosaurette.

Voilà, ça fait 2 semaines que Gna a décidé de changer mon traitement. Et 12 jours que je lui ai demandé si je pouvais l'adapter "à ma manière"compte tenu du "mieux" être que je ressentais.
Ma suggestion a été adoptée.
Et jusqu'à samedi, tout allait plutôt bien.
 
Mais voilà ... il y a encore un os!

Depuis 2 ou 3 jours j'ai à nouveau des périodes de grande tristesse au cours de la journée. Gna ne serait pas psy, je lui dirai que je me sens mélancolique.
J'ai des accès d'extrême émotivité. Et puis ça passe et je me sens à nouveau avec de l'énergie et la sensation d'avoir une efficacité dans les petits trucs de la vie quotidienne.
Je suis à un stade auquel mes projets sont à extrêmement court terme.
A la première envie de quelque chose je réagis immédiatement, sinon elle peut être passée en quelques minutes.



Donc Gna auquel j'ai écrit un email ce jour m'a dit d'augmenter un peu la posologie:
De 3 je passe à 4.









Et dire que je reprends le travail dans 61 heures! Précis hein?

Je ne me sens pas vraiment prête pour affronter les gens qui bien évidemment vont m'accueillir avec un "Alors comment tu vas? " accompagné d'un grand sourire. Par politesse je vais répondre "ça va ...", ou si je me replie dans l'agressivité je vais dire "NOOOON". A chaque regard posé sur moi, je vais avoir l'impression d'être face à un groupe venu visiter un zoo.

S'il y a une chose dont je suis certaine pourtant, c'est bien que mes rires, ma présence, manquent. Même Bichon, m'écrit que: "l'unité est encore plus vide sans toi (je sais tu n'aimes pas ce genre de remarque ! tu remarqueras que je n'ai pas parlé de "pilier" de l'unité...)".
Petit clin d'œil taquin au passage, car il sait combien j'ai horreur de ce terme entendu tant de fois, trop de fois.
Cette idée d'immobilisme portée par ce mot me déprime tant que j'en oublie la notion de solidité qu'il contient.

Moi ce que je ressens c'est plutôt d'être une espèce en voie de disparition et c'est pourquoi j'ai affiché sur ma porte de bureau un panneau avec écrit dessus: "Attention dinosaurette en voie d'extinction".



mercredi 28 octobre 2009

les hauts et les bas ou l'ébat et les eaux

Bon ... je sais ... je suis arrêtée,  mais ça ne m'empêche pas de lire mes emails du boulot chaque jour.


Quand GNA m'avait prescrit un arrêt maladie, j'avais un peu tiqué: je constatais bien que je n'arrivais pas à aller travailler tous les jours, mais l'inactivité totale me faisait un peu peur.
Seulement ça n'existe pas vraiment les arrêts maladie à mi-temps ... sauf dans des cas exceptionnels.
J'ai une copine puéricultrice qui a fait ça après sa fracture de l'humérus avec arrachement osseux. Après 3 mois d'arrêt total  elle a repris à mi-temps ... sur une autre activité en attendant qu'elle puisse tenir un bébé sans risque de le laisser tomber.
GNA avait raison, puisque je ne pouvais pas assumer 100 % de mon temps de travail.
Je traversais trop de hauts et de bas.
Avoir un arrêt de travail, c'est le seul moyen que j'ai pour ne pas prendre plus de jours de vacances que je n'en ai.
Et ce n'est pas parce que je déprime que je n'aurais pas droit à des vraies vacances non plus.
Et ça clarifie la situation par rapport à mes collègues. Même si Bichon ne voit pas trop à redire si j'ai des horaires de travail un peu étranges! Je sais que certain(e)s critiquent ... même s'ils ne me le disent pas en face.

Hier par exemple je n'aurais pas pu aller au bureau, j'aurais dû prendre une journée de vacances. Aujourd'hui je me sens vive et alerte depuis 16 heures et capable de travailler jusqu'à 22 heures. Ça pose un problème vu que les gens font plutôt 9h-17h.

Et comme je ne suis pas une fanatique du rangement ...  notamment quand je déprime (et vu les résultats que ça a donné hier), j'ai été contente lorsqu'une jeune collègue, obstétricienne et jeune accouchée (COJA) m'a envoyé un email: elle avait besoin de calculs complémentaires pour une 4ème version de l'article en préparation.
Figurez-vous que  Coja, après l'ébat ...et les eaux a accouché le 12 de ce mois d'une fille de 50 cm et presque 3800 g. Et comme sa fille est un bébé de rêve qui dort bien, même la nuit, qui boit son lait et prend du poids, MAMAN peut avoir le plaisir de travailler et faire de la Recherche.

Une bonne raison pour faire marcher mes cellules grises! Faute d'avoir été marcher ce matin (je me sentais flagada ... répercussions de mon état de la veille), au moins ça m'aura fait une activité intéressante.



lundi 12 octobre 2009

Quand je ne me comprends plus!

Aujourd'hui  je me suis replongée dans l'analyse d'une étude pour laquelle je devais refaire des calculs afin de compléter des résultats pour un article en cours d'écriture.
Tout n'est jamais fait en une seule fois: chaque co-auteur fait des remarques, pose des questions, remets en cause la discussion; et le processus recommence après les corrections et modifications faites en fonction de l'avis de chacun. Ce qui signifie qu'à chaque étape, moi la chtite statisticienne, je dois relire toute la programmation que j'ai faite afin d'utiliser la même population d'étude, les bonnes variables, etc.
Quand la dernière version remonte à deux semaines ... c'est facile! Tout est encore dans ma tête. Mais après plusieurs mois ... j'ai travaillé sur plein d'autres choses: fait deux questionnaires pour de nouvelles études, fait des calculs pour d'autres études et d'autres articles, et voilà le genre de trucs que je dois relire ... pour me remettre dans le bain!


Et aujourd'hui je n'étais pas du tout d'accord avec ce que j'avais déjà réfléchi il y a 9 mois... Enfin, disons que je ne comprenais plus pourquoi j'avais fait ... ce que j'avais fait!

Donc je liste, je vérifie, je recompte:


Et je ne retrouve pas mes petits! Ca ne colle pas avec les tableaux de l'article!!!
Une journée à me prendre la tête ... pour un résultat nul! J'y verrai sans doute plus clair demain.

NDLR: je remercie pour l'aide quotidienne qu'il m'apporte ... Mr STATA

http://www.survey-design.com.au/stata_logo_blue.jpg

samedi 19 septembre 2009

Le jour où … j'ai rencontré un ministre



C'était au Bénin.
J'étais en mission à Cotonou, dans le cadre d'un travail coopératif, pour la mise en place d'une étude sur la morbidité et mortalité  maternelles et néonatales au Bénin.
J'avais 30 ans, un air timide, des cheveux bruns raides et longs jusqu'au coude et je pesais 45 kilos. Une dégaine d'adolescente encore.
J'accompagnais une femme médecin aux cheveux grisonnants, responsable du projet en France, qui avait l'âge d'être ma mère.
C'était une expérience professionnelle nouvelle pour moi et la découverte de l'Afrique.
Les images, les odeurs, les bruits sont encore présents dans ma tête, intacts.

Je revois Cotonou, des rues bordées d'avocatiers, des scooters circulant dans tous les sens, le marché aux tissus où les femmes font la loi, des dispensaires dépourvus de médicaments aux carrelages écaillés et à la robinetterie rouillée, le bungalow de l'hôtel fréquenté par d'énormes cafards, des cours d'hôpitaux où les familles des malades préparaient à manger.

Je me rappelle ce visage à la Fernandel qu'avait  un des professeurs de l'hôpital de Cotonou, prénommé Eusèbe.

Et je me souviens de R, médecin et chercheur béninois me criant dans le combiné du téléphone du hall de l'hôtel "alors il paraît que tu as la chiasse, j'espère que demain tu te sentiras mieux". Je n'osais plus traverser le hall de réception après! Je vous le dis le Lariam ça évite peut-être d'attraper le paludisme! mais j'ai cru repeindre la salle de bain du bungalow. Fichtre! ce que j'ai pu être malade: nausées, vomissements, coliques, diarrhées; tout ça à cause d'une éventuelle moustiquette porteuse de palu?

Je revois la longue plage de sable blanc avec ses barques de pêche où les ados jouaient au foot.

Je revois des femmes marchant sur le bord des routes, avec de lourds fagots de bois posés sur la tête.

Je sens encore le contact sur ma peau d'une tenue de médecin stérile (là j'ai des doutes encore).

Je revois un nouveau-né prématuré dans une couveuse qui ne ressemblait à rien de ce que j'avais déjà vu. A-t-il survécu?

Je revois des femmes jambes écartées, allongées sur des tables d'examen disposées à la queue-leu-leu sans rideau de séparation entre chaque box.

J'ai encore le goût de ces boules de pâtes fermentées dont je ne me rappelle plus le nom, mais qui me rendaient encore plus nauséeuse.

J'ai le souvenir d'accueils chaleureux dans les familles.

Je me rappelle les matelas plastifiés des lits d'hôpitaux juste recouverts des boubous colorés des patientes, qui servaient de draps.

Je revois ma surprise lors de la visite du bâtiment "recherche" où un PC (msdos 3) bénificiait de la seule pièce climatisée  à l'hygiène irréprochable.

J'ai encore l'odeur des épices chauffés par le soleil vendus sur le marché faisant frémir mes narines.

 Surtout j'ai encore cette image de la visite organisée dans un ministère.

Je ressens encore le trac, puis un fort malaise à la limite de la peur,  survenu lors du face à face avec Mr le Ministre de l'Enseignement Supérieur.

Dans ce genre de missions, il y a toujours des rencontres avec les autorités.Et il faut être très diplomate lors de son speech devant les représentants du pouvoir. Heureusement ce n'était pas moi qui devais le faire! Je serais peut-être bien restée muette tellement j'étais tétanisée!

Imaginez la scène:

- Un homme grand et imposant en tenue de général debout sur une estrade de 3 marches où trônait son bureau.
(merde je dois dire quoi ???? Mr le Ministre? , mon Général ... pi zut c'est peut-être un colonel ..., j'ai donc attendu que mon ainée habituée à ce genre de situation parle pour faire pareil).
 - Un homme qui portait tellement de décorations sur son uniforme que je me suis demandée comment il enfilait sa chemise!
- Un homme qui n'est pas descendu de son estrade pour nous accueillir et nous saluer.Du haut de mes 1m56, je me suis sentie très mal à l'aise lorsque j'ai dû serrer sa main; j'avais l'impression d'un géant au regard courroucé qui aurait pu faire des miettes de moi.
- Un homme qui a prononcé un discours dans lequel on a bien senti qu'il ne fallait pas qu'on la ramène trop (message reçu, personne ne jouera au "blanc" qui sait tout).

- Moi de plus en plus tremblante, parce que franchement il commençait à me filer les jetons!
- Moi assise sur la moitié d'une fesse dans un fauteuil en cuir noir qui aurait pu accueillir trois "moi" au moment du passage "au salon" .
- Moi articulant tant bien que mal quelques mots lorsqu'il a fallu répondre à deux ou trois questions posées par ce géant noir paraissant dépourvu d'humour.
- Moi ne voyant pas arriver la fin de cette entrevue et égrenant les secondes avant de pouvoir reprendre ma respiration.

Puis enfin l'heure du départ a sonné.
Soulagement.
Ce n'est qu'après plusieurs kilomètres que je me suis sentie libre. Légère. Rassurée.
Ce jour-là j'ai pris un apéro de plus!





vendredi 11 septembre 2009

Fin de semaine: La réunion du Vendredi!

Tous les vendredis matins on a une réunion, en général à deux volets:
1) les infos scientifiques de la semaine, les discussions sur les problèmes administratifs, les décisions sur la vie au quotidien dans l'Unité.
2) un topo scientifique d'une vingtaine de minutes suivi de questions/réponses.
Ce matin, on a parlé:
• des futurs stagiaires de M2 qui n'avaient pas trouvé de bourse ou une insuffisante pour vivre décemment et du COMMENT on allait trouver de l'argent pour eux. Vaste sujet. 
• du décès de MR Schwartz ... l'homme qui a développé l'épidémiologie en France (http://www.lemonde.fr/carnet/article/2009/09/08/daniel-schwartz-specialiste-de-la-statistique-medicale_1237529_3382.html).
Des vidéos très intéressantes sont disponibles sur le net comme celle-ci :http://www.canal-u.tv/producteurs/canal_u_medecine/dossier_programmes/statistique/cours/la_methode_statistique_en_medecine_et_biologie_ii_buts_et_principes
Sans ce monsieur, nous n'en serions pas où nous en sommes.
• de l'achat d'une machine nespresso, avec majorité de votes pour, même si George Clooney n'est pas compris dans le forfait et que quelques personnes trouvaient que ça coûtait trop cher.
• de l'absence, nous l'espérons provisoire, de ménage en attendant que notre ADMNISTRATION - qui a décidé de changer d'entreprise de ménage ( fin de contrat avec celle-ci datée du 31 Août) - ait bien voulu signer le contrat avec la nouvelle entreprise sélectionnée. 
En attendant, Déa la femme de ménage qui venait, attend désespérément de pouvoir signer un contrat de travail avec la nouvelle entreprise qui s'est engagée à la recruter. Elle a travaillé 10 jours sans contrat et ne sera sans doute pas payée pour ça ... sauf si nous trouvons un moyen "légal" de la rémunérer (et ça c'est pas gagné d'avance). Donc hier je lui ai interdit de revenir avant qu'elle n'ait signé son contrat et que l'Unité fera son possible pour accélérer le processus bien que nous soyons pieds et mains liés.
Et enfin on est passé au topo scientifique!
http://referentiel.nouvelobs.com/file/719055.jpg
F nous a présenté un projet d'étude monté très très vite et portant sur la grippe A- H1N1 dans une population de femmes enceintes. Rien n'est encore fin prêt et le recrutement des patientes doit commencer dans 10 jours! Cette étude concerne beaucoup de  domaines et les acteurs sont nombreux: gynécologues-obstétriciens, virologues, immunologues, pédiatres, réanimateurs et épidémiologistes. Il y aura des prises de sang, des prélèvements nasaux, des analyses de placenta etc etc.
Un grand projet qui peut se révéler fort intéressant mais comporte de gros risques, non pas pour les femmes, mais pour la validité de ses résultats, compte tenu d'une méthodologie basée sur des hypothèses un peu trop hypothétiques, vu que nous n'avons aucune expérience de pandémie dans ce domaine et aucun résultat déjà connu. La seule chose connue et certaine est le décès de 6 femmes aux USA dans des services de réanimation. 
Article publié dans le Lancet (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19643469?ordinalpos=1&itool=EntrezSystem2.PEntrez.Pubmed.Pubmed_ResultsPanel.Pubmed_DiscoveryPanel.Pubmed_RVAbstractPlus ) dont voici un résumé: 

: Lancet. 2009 Aug 8;374(9688):451-8. Epub 2009 Jul 28.Click here to read Links
Comment in:
Lancet. 2009 Aug 8;374(9688):429-30.

H1N1 2009 influenza virus infection during pregnancy in the USA.

Collaborators (52)
National Center for Chronic Disease Prevention and Health Promotion, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, GA 30341-3717, USA. DJamieson@cdc.gov
BACKGROUND: Pandemic H1N1 2009 influenza virus has been identified as the cause of a widespread outbreak of febrile respiratory infection in the USA and worldwide. We summarised cases of infection with pandemic H1N1 virus in pregnant women identified in the USA during the first month of the present outbreak, and deaths associated with this virus during the first 2 months of the outbreak. METHODS: After initial reports of infection in pregnant women, the US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) began systematically collecting additional information about cases and deaths in pregnant women in the USA with pandemic H1N1 virus infection as part of enhanced surveillance. A confirmed case was defined as an acute respiratory illness with laboratory-confirmed pandemic H1N1 virus infection by real-time reverse-transcriptase PCR or viral culture; a probable case was defined as a person with an acute febrile respiratory illness who was positive for influenza A, but negative for H1 and H3. We used population estimates derived from the 2007 census data to calculate rates of admission to hospital and illness. FINDINGS: From April 15 to May 18, 2009, 34 confirmed or probable cases of pandemic H1N1 in pregnant women were reported to CDC from 13 states. 11 (32%) women were admitted to hospital. The estimated rate of admission for pandemic H1N1 influenza virus infection in pregnant women during the first month of the outbreak was higher than it was in the general population (0.32 per 100 000 pregnant women, 95% CI 0.13-0.52 vs 0.076 per 100 000 population at risk, 95% CI 0.07-0.09). Between April 15 and June 16, 2009, six deaths in pregnant women were reported to the CDC; all were in women who had developed pneumonia and subsequent acute respiratory distress syndrome requiring mechanical ventilation. INTERPRETATION: Pregnant women might be at increased risk for complications from pandemic H1N1 virus infection. These data lend support to the present recommendation to promptly treat pregnant women with H1N1 influenza virus infection with anti-influenza drugs. FUNDING: US CDC.
Projet donc plutôt excitant par son côté exceptionnel.
Et la journée a continué, dans une bonne ambiance de travail, avec de la réflexion, des rires, des échanges! Enfin il y avait de la vie dans nos locaux! Trop contente de pouvoir faire de l'humour et d'avoir des spectateurs!
Un vendredi comme j'aime!

lundi 31 août 2009

BBB versus F


Finalement, ce matin, c'était un peu plus animé au bureau! Ca m'a permis de jeter par dessus bord la morosité qui avait envahi cette fin de week-end.
M2-1 était de retour après sa semaine de marche sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Tout sourire (comme d'hab'), malgré les 30 kms journaliers qu'il a avalés et les ampoules à vif.
Et nous nous sommes retrouvés à cinq pour la pause déjeuner. C'était un peu plus joyeux que la semaine passée.
Demain il y aura sans doute du mouvement, F "le chef" devrait passer. Il n'est directeur que depuis le début de l'année. 
Je le connais depuis son stage de DEA (ancien nom du M2); ça fait déjà un bail! C'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup professionnellement et humainement. Il aime bien travailler avec moi, même s'il me trouve parfois "râleuse". J'aime bien travailler avec lui, car tout paraît simple avec lui. Il tranche, il décide et on avance vite. Il suffit juste de suivre son rythme! et de s'habituer à ses "Oui ma biche" comme à ses "bonjour Mme M" témoignant d'une affection taquine, ainsi qu'à ses plaisanteries de lendemain de garde.
Ca change du  BBB (... pour Big Big Boss, l'ancien directeur) toujours mal à l'aise dans le relationnel, qui ne regardait jamais une femme dans le fond des yeux et qui jalousait les autres hommes. Qui pouvait faire la tête sans qu'on sache pourquoi ou alors lancer une blague des plus inattendues. 
C'est lui qui m'a recrutée en 78. Et j'ai aimé travaillé avec lui car il m'a beaucoup appris; c'est un très bon chercheur.
N'empêche que le BBB, malgré des défauts n'allant pas avec l'emploi d'un directeur, a été conseiller technique auprès du cabinet d'un ministre et est désormais directeur de l'ISP (c'est un truc un peu virtuel ... dans le cadre des réformes actuelles). Car une chose est sûre c'est quelqu'un d'intelligent et de très compétent dans son domaine. Même si, je suis souvent en désaccord avec ses idées!
Donc, je ne vous surprendrai pas en affirmant que je préfère tout de même celui à qui je peux dire: "Merde, arrête, tu déconnes là!". Et puis qui sait? dans 10 ans, il sera peut-être ministre ;-) .

mardi 25 août 2009

l'Unité ... Vivement la rentrée

Encore une journée manquant de mouvements dans l'Unité. Certains ont pris des vacances tardivement pour revenir juste avant la rentrée. Bref ennui + agacement au programme! Je serais bien mieux à travailler à la maison dans ces conditions, vu que pour le moment,  je suis la seule présente de l'équipe. En plus mal de crâne en fin de journée because peintures et travaux à l'étage, dans l'aile voisine. Il paraît qu'on va avoir à côté un service d'orthogénie. Ca va être moins joyeux que la maternité ou le service d'obésité pour enfants. Quelle femme a jamais  été heureuse de faire une IVG? J'espère qu'au moins l'équipe médicale sera sympa. Non pas que je vais travailler avec elle, mais autant avoir des voisins charmants.
Il y a intérêt à ce que la rentrée arrive et que l'Unité s'anime un peu. Même pas la présence d'un clinicien sortant de garde s'empressant de faire du café bien serré et en quantité pour garder les yeux ouverts et la pensée vive. Même pas une blague bien lourde style obstétricien (très différentes des blagues de pédiatres). Même pas une maman avec son enfant cherchant les consultations pédiatriques d'urgence. Même pas de téléphone qui sonne dans le secrétariat vide. Rien! Même M2-2 a dû s'absenter de façon impromptue pour donner un coup de main à sa grand-mère en détresse. Rien! Et ça se voit, ça s'entend!
Parce que depuis notre déménagement, il y a 3 ans, nos bureaux sont situés dans un ancien service d'hospitalisation de jour pédiatrique. Ca se présente comme ça: une pièce carrée centrale avec une grande table au milieu et des bureaux tout autour avec des portes vitrées à partir de 80 cm de hauteur. J'appelle ça le bocal, parce qu'au début j'avais l'impression d'être comme un poisson dans son aquarium, avant de m'habituer  à cette situation de voyeur dévisagé!
Du coup on voit tout, on entend tout, y compris le vide et le silence. Et en ce moment ça me fait flipper de me sentir seule au milieu de rien. Je crois que je perds des neurones faute d'échanges avec des gens civilisés.

mardi 4 août 2009

Ma seconde maison




Le 16 Août prochain, cela fera 31 ans que je travaille à l'INSERM.

Je suis arrivée là par hasard; je n'avais que très peu entendu parler de cet institut et encore moins de l'Unité dans laquelle j'allais travailler. J'avais 20 ans et des poussières, un Bac + 3 et tout à apprendre encore.

L'unité était à ce moment-là dirigée par une femme à poigne qui avait fait fuire les hommes de son service sauf deux: l'un était mon ex-futur-ex directeur, l'autre un biostatisticien un peu trop collant mais pas méchant pour deux sous.
Je découvrais le monde du travail, CRR et son équipe et des bâtiments préfabriquées dans le parc d'un château reconverti en hôpital accueillant les jeunes mamans en difficulté. Bureau avec vue! … sur un chêne planté par l'impératrice Eugénie selon la légende.
Et j'étais tellement timide que je rasais les murs pour qu'on ne prête pas trop attention à moi. Pourtant tout le monde m'a apprivoisée et je me suis fait de vrais amis.

Aujourd'hui on ne peut imaginer qu'il ait pu exister un tel endroit avec des gens aussi inattendus:
Melle M. avec ses chats et sa Diane bleue dont la batterie se vidait tous les 2 jours;
Mme X dont le chien ronflait dans son bureau;
Mmes D au nombre de 3 (la maman et ses deux filles);
la famille Y (la maman, le fils et la bru);
Mr Z qui m'a toujours appelée Mireille (à cause de Mireille Mathieu …) parce que j'étais brune et petite.
Un univers dans une autre dimension!
Et plein de bons souvenirs.
Il y a eu deux déménagements, des naissances, des mariages, des décès, des départs à la retraite et des petits nouveaux, des crises, des rires, des colères, comme dans une famille!